Histoire de notre quartier

En mise en bouche, un article de La voix du Nord de janvier 2011

Histoire du quartier « JERUSALEM / PASTEUR » d’Henri Claverie. Professeur agrégé de lettres. D’après son livret daté du 11 octobre 1991, 7ème conférence Salle du Ponchelet.

Nous explorerons le quadrilatère délimité par le canal de la Deule, la Route de Courrières-Henin, la rue Léon Blum prolongée par la rue Octave Legrand et la rue de Dourges ; si bien que nous serons à la limite de Courrières et de Dourges.

L’un de mes anciens élèves, André Tavernier de Courrières, a fait éditer à Liévin en 1979 une histoire très judicieuse et très richement documentée de la ville de Courrière et plusieurs ouvrages. Il m’en avait dédié quelques-uns en hommage et d’autres m’ont été offerts par M. Facon, député-maire de Courrières (NDRL : n’oublions pas que cette conférence se passe en 1991) que je remercie vivement. Ces documents nous seront précieux pour parler de nos frontières communes.

Courrières se trouve sur une assise de craie de l’ère secondaire. Les glaciers qui couvraient les Pays-bas voici un million d’années ont réduit les roches en limons qui recouvrent le territoire sur des couches de un à quatre mètres et le charbon du Carbonifère est à 150 mètre plus bas.

Monsieur Tavernier se réfère bien sûr à l’histoire de Courrières par Breton le Jeune de 1837, donc dix ans avant l’histoire d’Hénin par Louis Dancoisne (NDRL : Numismate et historien. – Maire d’Hénin-Liétard (1868-1870). – Membre de l’Académie d’Arras, de la Société française de numismatique et d’archéologie)

L’homme préhistorique a-t-il vécu à Courrières et dans la zone de la voie Vochelle entre la route Hénin-Courrières et le chemin de Harnes, entre le mésolithique et le néolithique, soit 4000 ans environ avant Jésus-Christ ? Probablement, car Monsieur Tavernier a publié en 1978, Glanes Archéologiques à Courrières, de 1961 à 1977 avec les nombreuses photographies des pierres taillées, en particulier près du territoires d’Hénin au Bois Sans Feuilles Sud, au lieu-dit JERUSALEM un frament de tegula (tuile) et un fragment de meule, en septembre 1974 sur la voie romaine, ainsi que des prospections en surface, en particulier en 1977 à JERUSALEM.

Fragments de haches polis trouvés par M. Tavernier, quartier Jérusalem en 1977

Nous donnons ici un agrandissement  d’un fragment de hache polie découvert par Monsieur Tavernier.

Dans son livre sur Courrières, Monsieur Tavernier précise que c’est vers l’an 860 que JUDITH, fille du roi Charles II le Chauve, fut enlevée par Bauduin I, dit Bras de Fer, Comte de Flandres, avec lequel elle se maria.

Le roi accorde son pardon et en 877, tois ans avant la destruction d’HENNIUN par les vikings, le roi donna à sa fille  la province d’Artois qu’ils réunit à la Flandre dans la Maison Bauduin.

Le village COURRIERUM fut certainement bâti à la place d’un ancien camp romain.

Ce camp occupait toute la partie découverte jusqu’à l’extrémité de la voie de VOCHELLE dans la direction de MONTIGNY – FOUQUIERES – HARNES.

Près de là coulait la rivière DEULLA et des autres côtés s’étendaient des marais impraticables, dans le prolongement des marais d’HENNIUM, mais il n’y avait d’issue que par HENNIUM, pour aller rejoindre la voie romaine ARRAS – TOURNAY. Cette voie romaine passait par la rivière du BOULLENRIA à l’endroit appelé PLANCHE DE NOYELLES après avoir traversé le territoire entre HENNIUM et BELLUS MONS (BEAUMONT) et cotoyé la CENSE DU BAY (nom d’un propriétaire latin sur NOYELLES-GODAULT).

Le pont qui la portait était d’une longueur considérable à cause des eaux qui couvraient en totalité les marais de NOYELLES et COURCELLES. On a retrouvé partout des anciens restes de fondations, quelquesfois des vases antiques, beaucoup de médailles très bien conservées et des débris d’armes, ainsi que de nombreux fragments de tuiles romaines. Des poteries gallo-romaines sont venues s’ajouter aux découvertes.

La charrue en remonte tous les ans.

Monsieur Borniche Alain a trouvé des pièces romaines, malheureusement usées, au grand marais SAINT ROCH et VOCHELLE.

COURRIERES, CURRIERUM en 1024, COURERIE en 1070, comme HENNIUM suivit de l’Artois dans ses relations avec la Flandre.

Ceci nous paraît intéressant à signaler du fait que nous allons voir que nous sommes précisément à la frontière de la Flandre et de l’Artois.

Nous avons déjà évoqué dans une précédente conférence qu’en 1002, les habitants de CURRIERUM ne voulurent pas quitter leurs maison pour venir s’installer à l’intérieur de l’enceinte fortifiée de HENNIUM et qu’ils formèrent ainsi le village de CURRIERUM.

Or justement, Monsieur Tavernier précise qu’ANSLME 1, Comte de saint pol et de Lens, construisit en cet endroit un château-fort bientôt entouré de maison, à l’emplacement du Calvaire.

C’est le début de la ville de Courrière qui n’avait que 200 Ha en 1069.

 

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